Vandalisme contre les radars en réponse à l’application de la limitation de vitesse à 80km/h.

Alors que la loi de la limitation de vitesse à 80km/h est à peine entrée en vigueur, le nombre de radars vandalisés a grimpé jusqu’à 400, seulement en quelques semaines.

Bâchés à Amiens, flambés dans l’Ain, carbonisés en région parisienne, les dégradations de radars se sont étendues presque sur tout le territoire, annonçant une colère sans précédent contre cette loi qui vise selon l’Etat à abaisser le nombre de morts par accident.

Des actes de vengeances contre une loi jugée répressive

Même si elle a condamné le vandalisme touchant les radars automatiques, l’Association 40 millions d’automobilistes a prévenu qu’il s’agit d’une réponse claire de nombreux conducteurs face à la décision arbitraire du gouvernement de limiter la vitesse maximale autorisée à 80 km/h sur les routes secondaires, et de l’accompagner d’amendes assez lourdes.

De plus, cette loi est perçue comme un moyen de remplir les caisses de l’Etat et non pas de renforcer la sécurité des usagers comme le présumait le gouvernement.

Que risque-t-on en vandalisant les radars fixes ?

Exprimer sa frustration ou sa colère contre les radars fixes en les détériorant est un acte passible d’une amende, et même d’emprisonnement. Ci-dessous les sanctions prévues :

  • Dégradation légère (graffitis, affichage d’autocollants,…) : jusqu’à 15000€ d’amendes et des travaux d’intérêt général.
  • Radar endommagé (explosé, volé, brulé,…) : jusqu’à 30000€ d’amende et 2 ans de prison.
  • Destruction totale du radar : jusqu’à 75000€ d’amende et 5 ans de prison.
  • Destruction organisée et effectuée en groupe : jusqu’à 100000€ d’amende et 7 ans de prison.

Quel est le nombre de radars installés sur les routes françaises ?

La sécurité routière a mis en ligne la carte des radars via le site radars.securite-routiere.gouv.fr. On peut compter ainsi 3275 radars fixes implantés en France. Ce nombre inclut les flasheurs classiques ou à double sens. La carte comprend aussi les discriminants, les feux rouges et les panneaux de signalisation tels que le passage à niveau.

Ce nombre est normalement revu à la hausse, particulièrement sur les routes où le gouvernement a constaté plus d’infractions routières liées à l’excès de vitesse.

La limitation de vitesse à 80 km/h a-t-elle vraiment baissé le taux de mortalité sur les routes ?

Les premières statistiques dévoilées début août ont montré que le nombre de morts a diminué en juillet. Selon Emmanuel Barbe, le délégué interministériel à la Sécurité routière, le nombre de mortalité enregistré en juillet 2018 est de 324, soit 19 de moins qu’en juillet 2017. Cette baisse de – 5.5% est significative si on prend en considération la baisse générale des accidents routiers constatés aussi durant le même mois.

Mais certaines associations ont relativisé ces chiffres qui semblent selon elles être liées à d’autres facteurs tels que l’augmentation des installations des panneaux STOP et feux rouges sur les routes hors urbanisation.

Mobilisation et solidarité des automobilistes

Comme il y a aussi des automobilistes parmi les juristes, les avocats et les magistrats, plusieurs ont donné des conseils aux usagers de la route pour éviter les sanctions trop lourdes suites à la détérioration des radars. Il suffit en fait de signaler la présence d’un radar soit par des peintures sur la route, soit au moyen de signalisations sur les arbres. Ces préventions ne sont en aucun incriminables puisqu’elles aideront tout de même à atteindre l’objectif principal des radars, à savoir obliger les conducteurs à limiter leur vitesse.

By | 2018-08-28T12:15:00+00:00 août 28th, 2018|Non classé|